Immobilier : les revers (socio et écolo) du bétonnage au Maroc

Cet article dénonce les méfaits du bétonnage du littoral marocain, sociologiques et écologiques. “Mais  ceux qui viennent investir chez nous doivent prendre en considération les dégâts commis chez eux», allusion à l’Espagne ou la France qui ont bétonné leurs côtes. (…) L’environnement justement : à 12 km de Marrakech par exemple, dans un pays qui manque d’eau, pas moins de trois golfs se côtoieront bientôt près de gigantesques résidences touristiques. «Tout est étudié pour l’eau », répond sans ciller une commerciale. Ineptie écologique ? « Il y a une clientèle golfique, dit en haussant les épaules Samir El Chammah, l’organisateur du salon. Le golf est un produit d’appel…»

 

“Le problème aussi, c’est que ces prix qui flambent privent désormais jusqu’aux classes moyennes locales d’accéder à la propriété. L’État les aide fiscalement, rétorque Samir El Chammah. Il crée des programmes sociaux et, pour ceux qui ne peuvent plus acheter dans le centre, il crée des villes nouvelles, comme Tasmena près de Rabat. Ou Tamansourt… à 50 km de Marrakech.”

Le prix de l’essence flambent et l’humanité étouffe à cause de ses émissions polluante, est-ce raisonnable ?

Source : Ouest-France, Béton, envolée des prix… les revers de l’euphorie

2 Responses to “Immobilier : les revers (socio et écolo) du bétonnage au Maroc”

  1. Durant mes dernières vacances d’Août 2007, à Agadir, plus précisément au camping Atlantica Parc situé à Aghroud à 25km d’Agadir j’ai remarqué une forte activité en construction immobilière, des petits et moyens immeubles, des maisons, des hôtels etc … Et ce aussi bien dans la ville d’Agadir que le long de la côte, ça va même plus loin que le km 25 au nord où j’étais. Mais ce n’est pas cela qui m’a surpris … Moi même j’ai acheté un terrain en 1995 à Agadir où j’aimerais bien construire … un jour.

    J’y étais avec un ami qui voulait voir ce qui se passe sur les petites montagnes proches des côtes pour acheter. On a commencé en partant de mon camping et an avançant à l’intérieur vers le village le plus proche du camping avec ma Corsa. On est monté à la mosquée (près de 2km du camping). L’imam (F’kih du Jamaa) était là. Il nous a donné à boire (l’eau était bonne) en disant à mon copain (qui parle berbère) qu’il s’agit de l’eau du charij (une grosse cuve) qu’ils ont installée en hauteur et où un camion verse de l’eau presque quotidiennement. L’eau arrive jusqu’aux “maisons”.

    L’imam nous a montré une maison pas loin de la mosquée achetée et refaite par un français qui y habite seul presque toute l’année. Il nous a parlé de quelques personnes du village qui veulent vendre aussi bien des terrains ou même leurs maisons et qu’ils peuvent en construire d’autres … Il a appelé une personne qui voulais vendre. La personne nous a dit qu’il a aussi de la famille qui veulent vendre …

    On s’est déjà posé la question de l’eau. En effet, dans le camping non seulement l’eau du robinet sentait un peu de moisis (ça sentait aussi au dessous de l’évier … ;) mais il y a aussi des problèmes d’assainissements…

    A côté du camping (qui est plus à l’intérieur), sur la route, il y avait 2 immeubles de 2 étages en construction (quasiment finis). On nous a fait visiter les appartements qui apparaissent bien (le seul problème c’est qu’il y a un immeuble sans piscine qui donne sur la piscine de l’autre … il faut profiter de la vue). On a posé la question sur l’eau, le gardien nous a ouvert une “immense” réserve (vide) en béton sous terre. Il nous a dit que la réserve permet de tenir quelques jours.

    Nous avons remarqué un va et vient incessant de camions citernes sur la route de la côte nord d’Agadir. Et quand on passe par Aourir (passage obligé pour aller à Agadir) on remarque que les camions descendent en bas du village près des bananiers et aspirent l’eau de la nappe (la rivière est déjà à sec …). C’est comme ça tous les jours et sans arrêt.

    On est remonté un peu plus vers le nord, un autre village (je ne me rappelle pas du nom, je me demande si c’est Amesnaz). Il y a une nouvelle route qui va au fond des terres (mais il n’y avait que la piste elle n’était pas encore goudronnée). On est monté au village qui se trouve en hauteur avec une belle vue sur l’océan … Les maisons étaient parfois près des falaises et avec des petites difficultés pour manœuvrer en voiture …

    Ce qui nous a étonné c’est le nombre de parcelles de terrains entourées par des tranchées rectangulaires creusées … en attente de permis de construire. Dans le village nous rencontrons 2 maçons entrain de creuser … Nous posons la question, pourquoi on creuse partout alors qu’on ne construit pas ? Il faut le permis de construire nous dit-on, ils vont sortir bientôt … En fait, en parlant autour de nous, nous avons compris (à vérifier) que seules certaines sociétés (dont l’ERAC) peuvent avoir des autorisations sur des terrains préalablement préparés. On s’avance vers la falaise qui a une vue sur l’océan. Les parcelles pré-creusées ici vont jusqu”aux flans de la falaise, il ne faut pas trop s’y aventurer … On se demande comment ont-ils pu creuser plusieurs carrés dans des endroits sensés être protégés (j’allais dire réservés à des alpinistes). Bref, c’est l’anarchie totale.

    Nous avançons vers la maison la plus près de la falaise. Un jeune est sorti d’une partie de la maison en “travaux”, un petit 40 m². Il nous dit je vend cela à 620000dh, il faut juste refaire … De l’autre partie plus ancienne, sa maman est sortie, elle nous dit moi je vends cela (sa maison) aussi. On nous dit on peut même vous vendre la cours devant la maison.

    En fait, le gros problème, c’est qu’on construit partout autour d’Agadir, mais qu’il n’y a aucune infrastructure. Et l’eau on se demande comment ils vont faire. On a l’impression qu’on construit au dessus du vide.

    Et puis le 2ème gros problème, c’est nous mêmes, des touristes en train d’expulser les habitants de leurs maisons et de leurs villages…

  2. Bonjour Abdejalil,

    Je connais bien Agadir, que j’aime bien.

    Je discutais hier avec une amie qui va à Agadir chez son père 4 fois par an, elle me disait exactement la même chose, en moins précis.

    Mille merci pour ta contribution qui nous éclaire beaucoup.

    marie.phoenix@gmail.com

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